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Facture électronique : tout comprendre pour réussir la transition
Date de publication : 05.02.26

La facture électronique devient incontournable pour toutes les entreprises dès 2026. Souvent perçue comme une contrainte, elle représente pourtant une réelle opportunité de simplifier les échanges, sécuriser les données et gagner en efficacité. Dans ce nouvel épisode de Conte de Résultats, les experts In Extenso décryptent les enjeux clés et expliquent comment bien se préparer.
🎧 À écouter : le podcast “Conte de Résultats – La facture électronique”
Une réforme majeure qui transforme la vie des entreprises
Alors que la facturation dématérialisée est devenue courante dans les pratiques, la facture électronique au sens de la réforme va beaucoup plus loin. Comme le rappellent nos intervenants, la simple facture PDF envoyée par e‑mail n’est pas une facture électronique. La réforme impose désormais un format de facture structuré, standardisé, lisible par les systèmes d’information et interopérable entre toutes les entreprises françaises.
Son objectif :
- améliorer la performance des entreprises,
- assurer une meilleure traçabilité fiscale,
- et fluidifier les échanges commerciaux.
Issue d’un mouvement européen initié dès 2010 et déjà largement déployé en Italie, la facture électronique arrive en France avec un calendrier précis.
Qui est concerné par la facturation électronique ?
La réponse est simple : pratiquement toutes les entreprises françaises.
Dès lors qu’une entreprise :
- émet des documents commerciaux comportant de la TVA,
- ou reçoit des factures dans le cadre de son activité,
elle est concernée par la réforme. Certaines activités spécifiques (secret défense, administrations publiques, professions non soumises à TVA pour l’émission) disposent de particularités, mais restent impliquées au moins pour la réception. Même les micro‑entreprises en franchise de TVA sont incluses, car la franchise n’est pas une exonération.
Un calendrier en deux temps
La mise en œuvre se fait progressivement :
📌 1er septembre 2026 :
- Obligation d’émettre et de recevoir pour les grandes entreprises et ETI.
- Obligation de recevoir pour toutes les entreprises, y compris TPE‑PME.
📌 1er septembre 2027 :
- Obligation d’émettre pour toutes les autres entreprises.
Les petites structures doivent donc être prêtes dès 2026, même si leur obligation d’émission arrive un an plus tard. Beaucoup d’entre elles recevront très tôt des factures électroniques d’acteurs comme EDF ou Orange.
Facture électronique, e‑invoicing, e‑reporting : de quoi parle‑t‑on ?
La réforme repose sur deux volets complémentaires :
1. L’e‑invoicing (facturation électronique)
Il s’agit de la facture au format structuré : un fichier informatique dans lequel chaque donnée (montant HT, TVA, date d’échéance…) est balisée pour être lue par n’importe quel système.
Le PDF devient un simple document visuel accessoire.
2. L’e‑reporting (transmission de données)
Pour compléter la vision de l’État, certaines opérations qui n’entrent pas dans le cadre du e‑invoicing doivent être déclarées :
- ventes B2C (ex : tickets de caisse),
- ventes vers l’étranger,
- informations de paiement pour les entreprises à TVA sur encaissements.
L’objectif : permettre à l’administration fiscale d’avoir une visibilité à 100 % du chiffre d’affaires déclaré en France.
Le rôle essentiel des PA (Plateformes Agréées)
Toutes les factures électroniques transiteront par des PA. Ce sont elles qui :
- réceptionnent les factures,
- les transmettent aux clients,
- et communiquent les données à l’administration.
Le choix de la PA est stratégique, car toutes ne proposent pas les mêmes fonctionnalités, flux supportés ou niveaux d’interopérabilité. Avec plus de 90 PA référencées, les entreprises ont intérêt à être accompagnées pour sélectionner celle adaptée à leurs besoins actuels et futurs.
Conseil fort de nos experts : ne choisissez jamais votre PA seul. Faites‑vous accompagner par votre expert‑comptable et vos partenaires informatiques.
Un impact bien plus large qu’un simple changement de format
La facture électronique touche :
- le processus d’achat,
- le processus de vente,
- la gestion des systèmes d’information,
- la communication avec clients/fournisseurs,
- les déclarations de TVA.
Ce n’est pas un simple “branche‑mental” technique. C’est un projet structurant, parfois transversal, qui nécessite un cadrage en amont pour éviter les impasses opérationnelles.
Pourquoi se préparer dès maintenant ?
Nos experts sont unanimes : les entreprises ne sont plus en avance.
Certaines PA sont déjà saturées. Les acteurs techniques ont des délais. Les processus internes doivent être repensés.
Attendre ferait courir des risques :
- impossibilité de récupérer ses factures fournisseurs en 2026,
- retards de paiement visibles par l’État,
- risques de non‑conformité,
- surcharge pour les cabinets comptables en dernière minute.
Une contrainte… mais surtout une opportunité
La facturation électronique annonce une vraie révolution positive :
- moins de tâches administratives,
- des circuits de validation fluides,
- un suivi automatique du cycle de vie des factures,
- une meilleure maîtrise des délais de paiement,
- une transmission immédiate des données en comptabilité,
- un pilotage financier plus rapide et plus fiable.
Le coût de traitement d’une facture devrait passer de 10–20 € aujourd’hui à environ 2 € dans le futur.
Avec des flux entièrement numériques et structurés, les entreprises pourront consacrer moins de temps à produire la donnée, et davantage à analyser leur performance.
Par où commencer ? Les conseils de nos experts
1. Faire un état des lieux interne immédiat
Quels outils ? Quels flux ? Quels interlocuteurs ? Quelle complexité ?
2. Impliquer son expert-comptable
“Cabinet comptable first”, rappelle Pierre Conerardy.
3. Cartographier les besoins et scénarios
Notamment si plusieurs outils coexistent.
4. Anticiper le choix de la ou des PA
Pour éviter d’y être contraint en dernière minute.
5. Viser l’émission dès 2026 Pour ne pas refaire le projet deux fois.
La facture électronique représente un tournant majeur pour les entreprises françaises.
Bien qu’elle soit perçue comme une obligation, elle constitue une véritable opportunité d’optimiser les processus, de gagner du temps, de fiabiliser la donnée et d’améliorer le pilotage financier.
Avec une préparation anticipée et l’accompagnement d’experts, la transition peut devenir un levier de transformation positive.
Besoin d’être accompagné ?
Les experts In Extenso se mobilisent pour aider les entreprises à cadrer leur projet, choisir leur PA, adapter leurs outils et réussir la transition.
À propos de L'auteur

Alban Oerlemans
Expert-Comptable Associé en charge des sujets de Transformation Finance
Alban accompagne les sociétés ayant des systèmes d’informations complexes dans la définition et la mise en place de leurs processus et outils impactés par la réforme de la facture électronique.

Pierre Conerardy
Directeur digital pour la Facture Electronique
Pierre pilote le portail collaboratif Inexweb qui propose une offre de services de gestion pour répondre aux exigences de la prochaine Obligation de Facturation Electronique.
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