Infographie
Quelles perspectives pour le secteur de l’hôtellerie en 2026 ?
Date de publication : 20.03.26

En 2026, l’hôtellerie française aborde une nouvelle étape : celle d’une croissance mesurée mais résiliente, portée par la montée en puissance de l’intelligence artificielle et une transformation profonde des attentes clients. Malgré un contexte économique incertain et de fortes disparités régionales, le secteur poursuit sa modernisation, entre gestion de nouvelles capacités, rééquilibrage des canaux de distribution et investissements dans l’expérience client. Plus que jamais, l’IA devient un levier stratégique pour renforcer la performance, la fidélisation et la durabilité du modèle hôtelier.
Dans un contexte économique marqué par l’incertitude, le secteur de l’hôtellerie en France continue d’enregistrer une dynamique de croissance, tout en se préparant à affronter 2026 avec prudence et ambition. Face aux disparités régionales, à l’intégration de nouvelles capacités et à l’évolution des attentes des consommateurs, l’industrie accélère sa transformation.
En outre, l’émergence de technologies innovantes, telles que l’intelligence artificielle, l’analyse des données et l’hyperpersonnalisation, s’affirme comme un levier stratégique incontournable.
Ces outils permettent de renforcer la fidélisation de la clientèle et de promouvoir un modèle hôtelier à la fois plus résilient et durable.
En résumé
| En 2025, le secteur de l’hôtellerie française a enregistré une progression de 2 % du chiffre d’affaires lié à l’hébergement, soutenue par un RevPAR globalement stable, et ce, malgré un contexte économique marqué par une incertitude persistante. Les performances varient toutefois selon les régions, mettant en évidence des disparités notables. Le marché parisien s’est distingué par son dynamisme, tandis que l’Île-de-France a été plus à la peine. Par ailleurs, les autres régions, davantage dépendantes de la clientèle d’affaires, ont fait face à des défis spécifiques. Pour 2026, les prévisions restent globalement positives, bien que teintées de prudence. Une croissance modérée du RevPAR est attendue, tandis que la stabilisation des taux d’occupation et des prix moyens s’impose comme un enjeu stratégique majeur pour le secteur. L’IA va s’imposer comme un des leviers stratégiques pour améliorer la performance hôtelière, la fidélisation client et la résilience du secteur. |
Performances de l’hôtellerie française en 2025 et perspectives 2026
Une croissance modeste mais bien présente
Dans une conjoncture pour le moins incertaine, l’hôtellerie française a réalisé en 2025 une croissance de 2% de son chiffre d’affaires hébergement. L’indicateur-clé du secteur, le RevPAR, est resté proche de l’équilibre tout au long de l’année, et a finalement bénéficié d’un mois de décembre favorable.

Les performances de l’hôtellerie française : des disparités selon les régions

Après une année 2024 atypique, marquée par la tenue des Jeux Olympiques, Paris a transformé l’essai : les retombées ont été au rendez-vous en 2025, permettant de réaliser une très belle progression de taux d’occupation (+5% à 82%). Parallèlement les prix moyens n’ont connu qu’un très léger tassement (-1% à 239 €) permettant d’afficher une hausse de 5% du RevPAR.
En dehors de Paris, l’Ile-de-France a été davantage à la peine en 2025. Les prix moyens, qui avaient été influencés l’an dernier par les Jeux Olympiques, ont logiquement reculé (-8% à 105 €), et la tendance a été amplifiée par une légère baisse du taux d’occupation (-1%). Ce dernier s’établit sur l’année à 64%, soit près de dix points au-dessous de son niveau pré Covid-19. Entre temps il faut dire que le parc hôtelier a connu d’importantes évolutions. D’un côté, de nombreux hôtels Super-économiques ont disparu. De l’autre depuis 2022 plus de 10 000 chambres d’hôtels ou logements de résidences hôtelières ont été créés en petite et grandes couronnes, s’ajoutant aux 3 000 unités des nouveaux produits mis en marché dans Paris. L’absorption de cette croissance n’est pas facilitée par la morosité économique, qui rejaillit sur le volume des déplacements d’affaires, et le retour à la normale devrait ainsi être progressif.
Cette situation contraste avec celle de la Côte d’Azur, qui a fait encore mieux que Paris en 2025 : les hôtels ont connu une hausse de 5% des prix moyens et une légère croissance de la fréquentation (+1% à 60%). Cela leur a permis de réaliser une croissance de chiffre d’affaires de 6% en 2025, après un gain de 5% en 2024. La performance est particulièrement notable dans un contexte d’évolution importante de l’offre à Nice (+9% en trois ans).
Elle illustre une tendance plus générale favorable à l’hôtellerie de loisirs : en 2025 l’hôtellerie des littoraux français a elle aussi réalisé un gain de RevPAR de 6%, porté par une croissance de 4% des prix moyens. Cela coïncide avec la rénovation et la montée en gamme d’une partie de l’offre, et aux attentes d’une demande croissance de séjours plaisir et bien-être.

Enfin, la situation dans l’hôtellerie en Régions est plus hétérogène, et le gain de RevPAR en 2025 a été limité : +2%. C’est un peu mieux qu’en 2024 (0%) mais une certaine fébrilité se fait toujours sentir sur les marchés d’entrée de gamme, davantage exposés à la morosité économique. Les professionnels interrogés évoquent souvent la crise du BTP, qui limite les besoins d’hébergement d’ouvriers, ou les restrictions de budget pour les déplacements d’affaires. Les pôles urbains qui ont terminé 2025 en zone positive sont souvent ceux qui ont bénéficié d’une demande forte de séjours d’agrément : exposition de la Collection Pinault à Rennes, Transat Café l’Or au Havre, etc.

Comme l’an passé, les perspectives anticipées par In Extenso TCH pour 2026 relèvent d’un optimisme prudent
- À Paris, les professionnels restent confiants et envisagent une tendance dans la continuité de 2025 : demande forte et évolution raisonnable des prix moyens.
- En Ile-de-France, l’enjeu réside désormais dans l’absorption des nouvelles capacités, en attendant un regain d’activité sur les segments d’affaires. Sans l’Airshow du Bourget, les professionnels devront consolider la fréquentation et stabiliser les prix moyens.
- Après deux années consécutives de hausse des performances, les hôteliers de la Côte d’Azur perçoivent toujours des marges de progression, notamment en termes de prix moyens grâces aux investissements lourds consentis ces dernières années.
En régions, où l’offre reste majoritairement orientée vers la clientèle d’affaires, 2026 s’annonce encore mitigée. Un gain modéré de 1% du RevPAR est ainsi anticipé.

Le secteur de l’hôtellerie à l’ère de l’IA
Lors de la conférence Les Tendances de l’Hôtellerie, Olivier Petit a animé la table-ronde « Canaux de distribution : piloter la rentabilité à l’ère de l’IA », les intervenants ont partagé leur vision des changements stratégiques liés à l’iA dans la distribution hôtelière.
Jonathan Cassaigne, Référent Expert IA & Innovation chez Bpifrance, Olivier Cohn, Directeur Général de Best Western France, Timothée Hainguerlot, Directeur Général de SOHOMA, Pierre-Jean Puig, Director of Commercial – Southern Europe, CIS & Georgia chez IHG Hotels & Resorts et Alexandra Saenz, Vice-President Consulting de HRS Group.

Les acteurs du secteur voient l’irruption de l’IA comme un nouvel outil mais n’en oublient pas pour autant les enjeux de la diversification.
La distribution hôtelière a été profondément transformée par 20 ans de digitalisation, avec une montée en puissance des OTA (Online Travel Agencies) et l’émergence de fonctions spécialisées. Le Covid a marqué un tournant, favorisant un rééquilibrage vers les canaux directs, bien que ce processus reste inachevé.
Les hôteliers doivent raisonner en revenu net plutôt qu’en prix brut pour optimiser leur mix de distribution, tout en diversifiant leurs canaux pour éviter la dépendance aux programmes payants des OTA. La pertinence des franchises dépend du marché et de la clientèle cible, tandis que la régulation européenne des gatekeepers (Google, Booking) est un enjeu stratégique majeur.
L’IA redéfinit la distribution, avec de nouveaux canaux en structuration et des pratiques SEO élargies pour maximiser la visibilité. Les usages de l’IA incluent l’automatisation du pricing, l’analyse client et la personnalisation des offres, mais son impact immédiat se concentre sur la productivité interne. La maîtrise du contenu devient un avantage concurrentiel clé, nécessitant un investissement stratégique avant la monétisation des nouveaux canaux.
La technologie doit libérer du temps pour revenir à l’essentiel : la relation client et le métier d’accueil de l’hôtelier.
À propos de L'auteur

Olivier Petit
Directeur général - Associé In Extenso Tourisme Culture et Hôtellerie
Olivier dirige les équipes d’In Extenso TCH dédiées au conseil en Tourisme, Culture et Hôtellerie. Il supervise plus particulièrement l’élaboration des études de marché et de faisabilité pour des projets hôteliers, l’assistance de clients au montage de leurs projets ainsi que les missions de valorisations d’hôtels ou portefeuilles d’hôtels.

Samuel Couteleau
Directeur général - Associé In Extenso Tourisme Culture et Hôtellerie
Au sein d’In Extenso TCH, Samuel assiste des porteurs de projet dans l’analyse de la faisabilité économique d’hôtels et autres hébergements touristiques. Il accompagne également des acteurs publics et privés dans l’élaboration de leur stratégie de développement hôtelier.
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