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SMIC revalorisé, hausse des charges patronales et prime carburant « dopée »
Date de publication : 08.06.26

Quelles évolutions pour les employeurs en juin 2026 ?
L’inflation au cours des derniers mois a entraîné une nouvelle revalorisation du SMIC à effet du 1er juin 2026 conduisant le Gouvernement à geler le calcul des allègements de charges sur les bas salaires pour économiser 2 milliards d’euros.
Dans le même temps, face à la hausse continue du prix du carburant, le Gouvernement a proposé de nouvelles mesures pour soutenir les plus affectés.
Faisons ensemble le point sur ces nouvelles mesures sociales et leurs effets dans cet article.
Revalorisation du SMIC au 1er juin 2026 : quelles conséquences ?
Depuis le 1er juin 2026, le SMIC horaire brut a augmenté de 2,41 % pour passer de 12,02 € à 12,31 € soit un montant mensuel brut de 1867,02 € pour un salarié à 35 heures.
Le minimum garanti est désormais fixé à 4,35 € (au lieu de 4,25 € au 1er janvier).
Avec cette revalorisation, ce sont plus de 120 conventions collectives qui sont désormais concernées par des minima inférieurs au SMIC !
En 6 ans, le SMIC a été relevé 12 fois, passant de 1 539,42 € à 1 867,02 €.
Ces revalorisations ont accru le nombre de salariés rémunérés au niveau du minimum légal avec pour effet de brouiller la reconnaissance des compétences et de l’ancienneté au sein des entreprises.
⚠️ Aussi, il faut s’attendre à des évolutions conventionnelles dans les prochains mois et, à plus court terme, à devoir répondre à des attentes des salariés (reconnaissance de l’évolution de leurs carrières et contexte de pouvoir d’achat fragilisé).
| En pratique Cette hausse impose une revalorisation immédiate des rémunérations situées en deçà du nouveau taux horaire du SMIC. Aussi, nous vous recommandons de vous assurer de l’ajustement des salaires dans le cadre de l’établissement des bulletins de paie du mois de juin 2026 et la conformité des paramètres de paie de la réduction de cotisations patronales (RGDU) dès la publication du décret qui figera cette valeur à effet du 1er juin 2026. |
Une augmentation des charges patronales plus forte que la seule revalorisation du SMIC
Le montant des allègements de charges patronales sur les bas salaires correspond au résultat d’une formule de calcul dont l’un des paramètres est le SMIC horaire en vigueur. Ainsi, l’augmentation du SMIC devrait logiquement conduire à une hausse des allègements de charges patronales…
Cependant, le Gouvernement a annoncé un gel de ce « paramètre » SMIC pour conserver la valeur en vigueur au 1er janvier 2026. Une telle décision devrait aboutir mécaniquement à une hausse accrue des charges patronales qui permettrait à l’Etat d’économiser 2 milliards d’euros.
Cette décision est très mal accueillie par le patronat qui rappelle que de nombreuses entreprises sont déjà fragilisées par le contexte économique actuel et qu’il est, de fait, aberrant de leur faire supporter une hausse de leurs charges patronales.
En réalité, les finances publiques ne peuvent pas supporter une dépense supplémentaire de 2 milliards d’euros (en l’occurrence, les comptes de la sécurité sociale) …
| Explication illustrée : Pour un salarié à temps plein rémunéré au SMIC, la hausse du coût total employeur (combinaison de l’augmentation du SMIC et du gel du calcul de l’allègement de charges) à partir du 1er juin s’élève à 84,00 € par mois. D’ici la fin de l’année 2026, ce coût supplémentaire devrait représenter un montant de 588,00 € pour ce salarié : – Si le calcul de l’allègement de charges patronales avait continué à suivre l’évolution du SMIC, cette augmentation de coût serait restée limitée à la seule hausse de salaire, soit 44,00 € par mois ou 308,00 € par salarié d’ici la fin de l’année. – L’incidence du gel du paramètre SMIC dans la formule de calcul de l’allègement aurait donc pour effet un « manque à gagner » pour l’employeur qui s’élèverait, pour tout salarié présent jusqu’en décembre, à 288,00 €. |
Que retenir ?
A ce stade, le gel du « paramètre » SMIC est une annonce gouvernementale dépourvue de valeur juridique. Aussi, sur ce fondement, il n’est pas possible d’exiger d’un éditeur de logiciel de paie qu’il adapte d’ores et déjà la formule de calcul de la RGDU (Réduction Générale Dégressive Unique de cotisations patronales).
Bien qu’il s’agisse d’une annonce, il est cependant plus que probable qu’elle soit confirmée par décret dans les prochains jours.
Aussi, est-il vivement recommandé de réaliser d’ores et déjà des simulations pour anticiper l’incidence de cette mesure sur vos charges et vos besoins de trésorerie. Surtout qu’en 2026, la refonte de la RGDU emporte déjà des conséquences notables sur le montant du coût patronal à assumer selon le niveau de rémunération versée aux salariés.
Prime carburant : un dispositif exceptionnellement « dopé » et adapté
Pour limiter les effets de la hausse du carburant liée au conflit au Moyen-Orient, le gouvernement a déjà instauré des aides pour les grands rouleurs, sollicitées dans le cadre de démarches individuelles (Pour plus d’information, lire notre article dédié : Aides carburant entreprise 2026 : dispositifs et indemnité énergie | Magaz’in – In Extenso).
Pour les salariés non éligibles à ces aides mais contraints d’utiliser leur véhicule personnel pour se rendre à leur travail, le Gouvernement entend inciter les employeurs à leur verser une « prime carburant » dont les modalités de mise en œuvre seraient ajustées et le plafond d’exonération sociale et fiscale serait doublé (600,00 € au lieu de 300,00 €).
| En pratique Malgré des modalités de mise en œuvre adaptées, il sera nécessaire, pour tout employeur désireux de verser une telle prime aux salariés concernés, de formaliser son engagement par voie de décision unilatérale. Par ailleurs, l’employeur devra appliquer des modalités identiques pour tous les salariés éligibles sauf à justifier de critères objectifs pour espérer bénéficier du régime social et fiscal de faveur. |
Les mandataires sociaux et les stagiaires, non liés à l’entreprise par un contrat de travail, sont exclus du dispositif.
Que retenir ?
A ce stade, il s’agit d’une annonce qui devrait être confirmée par un décret publié dans les prochains jours.
Dans l’attente, il peut être opportun d’engager d’ores et déjà des réflexions autour de la mise en œuvre de ce dispositif qui pourra être finalisé dans la foulée de la publication du décret.
Nos recommandations pratiques :
- S’agissant de la revalorisation du SMIC :
- Assurez dès le 1er juin 2026 la mise à niveau des rémunérations des salariés dont le taux horaire est inférieur à 12,31 €.
- Organisez une veille conventionnelle, les minima de votre branche professionnelle étant susceptibles d’évoluer à court terme, surtout s’ils sont actuellement en-deçà du taux horaire du SMIC revalorisé.
- S’agissant du calcul des allègements de charges patronales (RGDU) :
- Vérifiez la conformité des paramètres de paie, notamment ceux liés à la réduction générale dégressive unique (RGDU). Dès la publication au journal officiel du décret attendu sur le gel de la valeur SMIC dans les paramètres de calcul de la RGDU, il conviendra d’en tenir compte, probablement à effet rétroactif au 1er juin 2026.
Vous devrez alors vous assurer que le calcul est rétroactivement conforme pour les salariés sortis dans l’intervalle…
- Renforcez vos contrôles de paie car l’évolution en cours d’année de tels paramètres est susceptible de générer des erreurs qui pourraient s’avérer coûteuses en cas de contrôle.
- Anticipez les incidences financières en réalisant des estimations du coût patronal 2026 (hausse des salaires, cotisations afférentes, allègements de charges patronales réduits, …) afin d’assurer la trésorerie nécessaire et de piloter votre masse salariale au mieux.
- S’agissant de la faculté de verser une prime carburant :
- Réfléchissez d’ores et déjà au versement d’une telle prime : Combien ? Pour qui ? Quand ? Etudiez les scenarii envisageables : versement uniforme ou modulé ? Quels critères objectifs permettraient de justifier de différences de traitement ?
- Tenez compte, dans votre réflexion, d’un éventuel précédent versement d’une prime carburant en 2026 pour étudier les modalités d’articulation avec le dispositif ajusté exceptionnellement avec le décret attendu.
- Formalisez votre engagement par une décision unilatérale à remettre à chacun des salariés bénéficiaires. Le cas échéant, n’occultez pas le CSE dans vos démarches.
À propos de L'auteur

Elodie Tabel-Diffaza
Directrice Marché Conseil Social et Paie
Spécialisée en droit social et droit de la protection sociale complémentaire, Elodie a rejoint le groupe In Extenso en 2008 en tant que Directrice Marché Conseil Social et Paie

Manon Very
Juriste Conseil Social
Au sein de la Direction Marché Conseil Social et Paie, Manon accompagne le réseau In Extenso sur les enjeux de conseil social en tant que juriste. Elle assure notamment la veille sociale quotidienne et, avec son équipe, conçoit des outils et des offres stratégiques.
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