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Crise énergétique et hausse du carburant : panorama des aides de l’État pour les entreprises et les travailleurs

Date de publication : 12.05.26

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Dans un contexte de hausse des prix de l’énergie et des carburants, l’État met en place des mesures exceptionnelles pour soutenir les entreprises et les travailleurs. Ces dispositifs reposent principalement sur des aides ciblées, adaptées aux secteurs les plus exposés, tels que le transport, l’agriculture, la pêche ou encore le BTP.
En parallèle, une indemnité carburant destinée aux “grands rouleurs” a été mise en place pour atténuer l’impact de l’inflation sur les dépenses de mobilité des actifs les plus dépendants de leur véhicule.

Des aides sectorielles pour les activités les plus exposées

Ces mesures s’adressent en priorité aux secteurs les plus exposés, pour lesquels les enjeux liés au carburant et à l’énergie sont structurels et nécessitent des solutions adaptées.

Ainsi, l’État a mis en place des dispositifs dédiés combinant :

  • Aides directes au carburant (GNR, gasoil, etc.)
  • Reports ou prises en charge de cotisations
  • Étalements fiscaux
  • Dispositifs de financement spécifiques

Ces mesures concernent notamment :

  • 🚛 Le transport routier, particulièrement exposé à la hausse du carburant, avec des aides forfaitaires par véhicule et des dispositifs de trésorerie.
  • 🌾 Le secteur agricole, via des aides sur le GNR, des prises en charge de cotisations et des reports de charges.
  • 🎣 La pêche, avec des remboursements partiels de carburant et des dispositifs de soutien spécifiques.
  • 🏗️ Le BTP, fortement impacté par le prix du gazole non routier (GNR), avec une aide pouvant atteindre 20 centimes par litre et plafonnée à 4 000 € par entreprise.

👉 Pour identifier précisément les dispositifs applicables à votre situation, consultez nos analyses détaillées :

Une indemnité carburant pour les actifs modestes

Issue du décret n° 2026-333 du 30 avril 2026, cette aide prend la forme d’une subvention forfaitaire de 50 €, versée par la DGFiP.

Elle correspond, en moyenne, à un soutien équivalent à 20 centimes par litre sur trois mois et cible les ménages pour lesquels les dépenses de carburant sont incompressibles.

L’indemnité concerne principalement les actifs aux revenus intermédiaires ou modestes, fortement dépendants de leur véhicule.

Celle-ci est ouverte aux personnes remplissant plusieurs conditions :

Le demandeur doit :

  • Être établi en France métropolitaine, à Mayotte, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique et à La Réunion,
  • Être domicilié fiscalement en France au sens du foyer ou du lieu de séjour principal (CGI, art. 4 B-1-a) au titre de l’année 2024.

Le demandeur doit être âgé d’au moins 16 ans au 31 décembre 2024.

Le demandeur doit avoir déclaré, au titre des revenus 2024, un revenu d’activité dans l’une des rubriques suivantes de la déclaration de revenus :

  • Ensemble des traitements et salaires et revenus assimilés (hors chômage et préretraite) ;
  • Bénéfices industriels et commerciaux (BIC) micro-entrepreneurs ou professionnels ;
  • Bénéfices non commerciaux (BNC) micro-entrepreneurs ou professionnels ;
  • Bénéfices agricoles (BA).

Le demandeur doit appartenir à un foyer fiscal dont le revenu fiscal de référence par part au titre des revenus de l’année 2024 est inférieur ou égal à 16 880 €.

  • Pour une personne seule, à un salaire brut mensuel de 1 906 euros et à un salaire net de 1 508 euros,
  • Pour couple avec un enfant, à un salaire brut mensuel de 4 764 euros et à un salaire net de 3 771 euros,
  • Pour un couple avec deux enfants, à un salaire brut mensuel de 5 717 euros et un salaire net de 4 525 euros.

La demande est formulée au titre d’un véhicule :

  • À deux, trois ou quatre roues,
  • À motorisation thermique ou hybride non rechargeable,
  • Régulièrement assuré à la date de la demande (à l’exclusion des quadricycles lourds à moteur, des véhicules agricoles, des poids lourds et des véhicules de fonction ou de service),
  • Qui n’est pas considéré comme un véhicule endommagé.

La demande est formulée au titre d’un véhicule utilisé à des fins professionnelleset le demandeur doit justifier de kilomètres parcourus dans le cadre de son activité professionnelle :

  • Soit en effectuant plus de 15 km par trajet et par jour entre le domicile et le lieu de travail
  • Soit en effectuant plus de 8 000 km par an (y compris les trajets domicile-travail)

L’indemnité forfaitaire de 50 € est versée directement sur le compte bancaire communiqué à l’administration fiscale dans le cadre de l’impôt sur le revenu, pour le foyer fiscal auquel appartient le demandeur éligible.

👉 Points importants :

  • un demandeur ne peut bénéficier que d’une seule indemnité ;
  • un même véhicule ne peut donner lieu au versement que d’une seule indemnité.

💡 Pour obtenir cette aide, la demande doit obligatoirement être effectuée en ligne, via un formulaire accessible dans l’espace personnel du contribuable sur le site impots.gouv.fr, à partir du 27 mai 2026 et pour une période de 2 mois.

Lors de la demande, le contribuable devra renseigner :

  • son état civil,
  • son numéro fiscal,
  • le numéro d’immatriculation du véhicule utilisé,
  • le numéro de carte grise.

Il devra également certifier qu’il remplit les conditions d’utilisation du véhicule, notamment en ce qui concerne les distances parcourues dans le cadre de son activité professionnelle.

Le bénéficiaire de l’indemnité est tenu de conserver l’ensemble des justificatifs permettant d’établir son éligibilité pendant une durée de 5 ans.

L’administration peut exercer un contrôle dans un délai de 5 ans à compter du versement et demander la production de tout document justificatif. Le bénéficiaire dispose alors d’un délai d’un mois pour répondre.

En cas de versement indu, les sommes perçues devront être restituées.
Elles peuvent être :

  • majorées de 50 % en cas de manquement délibéré,
  • majorées de 100 % en cas de manœuvres frauduleuses.

À propos de L'auteur

Corentin Py

Manager technique, diplômé d'expertise-comptable

Au sein de la Direction Technique, Corentin a pour mission d’assurer une veille technique et réglementaire principalement dans les domaines de la comptabilité, de la fiscalité, ainsi que de participer à l’animation du réseau In Extenso sur ces sujets.

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Elodie Tabel-Diffaza

Directrice Marché Conseil Social et Paie

Spécialisée en droit social et droit de la protection sociale complémentaire, Elodie a rejoint le groupe In Extenso en 2008 en tant que Directrice Marché Conseil Social et Paie

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