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Commerce dégradé, activité interrompue : quelles mesures sociales après les événements des 17 et 18 octobre ?

Date de publication : 28.10.26

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Vitrines brisées, locaux dégradés, pertes de stocks, fermetures temporaires… Les événements des 17 et 18 octobre 2026 ont affecté l’activité de nombreux commerces et entreprises de proximité.
Face à ces difficultés, le Gouvernement a rapidement annoncé plusieurs mesures de soutien. Au programme : un accès facilité à l’activité partielle, des dispositifs pour soulager la trésorerie des entreprises et des aides spécifiques pour certains travailleurs indépendants.

Qui peut en bénéficier ? Sous quelles conditions ? Tour d’horizon des principales mesures sociales annoncées à ce stade.

⚠️ Cet article est consacré aux mesures sociales. D’autres aides ont également été annoncées en matière d’assurance, de trésorerie ou de fiscalité.

Activité partielle : un dispositif mobilisable pour les entreprises touchées par les dégradations

Pour les établissements directement touchés par les dégradations, l’activité partielle constitue l’un des principaux leviers mobilisables. Le ministère du Travail confirme que les entreprises confrontées à des dommages matériels peuvent recourir à ce dispositif au titre du motif « sinistre ».

Sont notamment concernés les commerces ayant subi un incendie, une vitrine brisée, des dégradations des locaux ou des équipements, des pertes de stocks ou tout autre dommage matériel compromettant l’exploitation de l’établissement.

Afin de faciliter les démarches, plusieurs aménagements sont prévus :

  • La demande peut être déposée dans un délai de 30 jours après la mise en activité partielle des salariés.
  • L’autorisation peut être accordée pour une durée maximale de six mois.
  • Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, l’avis du CSE peut être transmis jusqu’à deux mois après le dépôt de la demande.

Chaque demande est examinée au cas par cas. Il est donc important de conserver tous les justificatifs utiles (photographies, devis, constats, déclaration à l’assureur, dépôt de plainte, etc.).

Certaines entreprises ont dû interrompre leur activité à la suite de décisions prises par les autorités locales. Dans ce cas, le recours à l’activité partielle reste possible au titre des « circonstances exceptionnelles », sous réserve de démontrer que les salariés concernés n’étaient plus en mesure de travailler normalement.

La fermeture administrative ne suffit toutefois pas à elle seule à ouvrir droit au dispositif. Les demandes continuent d’être examinées individuellement par l’administration.

En principe, une fermeture volontaire décidée par l’employeur ne permet pas de recourir à l’activité partielle.

Une exception est toutefois prévue lorsque l’établissement, bien que fermé, a subi des dommages liés aux dégradations des 17 et 18 octobre 2026. Dans ce cas, les règles applicables sont celles prévues pour les établissements sinistrés.

Un « zéro reste à charge » pour les entreprises les plus touchées

Pour les entreprises de moins de 250 salariés, l’Etat met en place le « zéro reste à charge » en prenant intégralement en charge la part d’indemnité qui incombe aux employeurs :

– Bénéficiant d’une autorisation d’activité partielle liée aux dégradations des 17 et 18 octobre 2026 (soit disposant d’une autorisation d’activité partielle pour le motif « sinistre »),

– Et justifiant notamment d’un dépôt de plainte et, le cas échéant, d’une déclaration de sinistre auprès de leur assureur.

💡Le décret n° 2026-995 du 27 octobre 2026 instaure ce mécanisme de « zéro reste à charge ». Il s’applique aux heures chômées entre le 17 octobre 2026 et le 31 janvier 2027.

Un point de vigilance : le plafond annuel d’heures
Les entreprises ayant déjà mobilisé l’activité partielle en 2026 devront vérifier attentivement leur « consommation » d’heures. En effet, le dispositif est en principe plafonné à 1 000 heures par salarié et par an. Avant tout nouveau recours, il est donc recommandé de s’assurer que ce plafond n’a pas été atteint ou n’est pas sur le point de l’être.

Et pour les situations plus particulières ?

  • Assurance perte d’exploitation : compatible avec le dispositif tant qu’aucune indemnisation des salaires n’a été versée ;
  • Apprentis et salariés en contrat de professionnalisation : éligibles à l’activité partielle ;
  • Stagiaires de la formation professionnelle : non éligibles à l’activité partielle ;
  • Intérimaires : peuvent être placés en activité partielle lorsque l’entreprise utilisatrice y recourt elle-même.

Cotisations sociales : l’Urssaf active plusieurs leviers de soutien

Pour de nombreux commerces, l’enjeu immédiat ne se limite pas aux réparations. La baisse d’activité et les dépenses imprévues peuvent également peser sur la trésorerie. Pour répondre à ces difficultés, l’Urssaf a annoncé plusieurs mesures d’accompagnement.

Les employeurs concernés peuvent notamment solliciter :

  • Un report du paiement des cotisations patronales ;
  • Un délai de paiement pouvant aller jusqu’à 12 mois ;
  • La remise des pénalités et majorations de retard liées à ces reports.

Attention : les reports n’exonèrent pas des obligations déclaratives. La DSN doit être déposée dans les délais et les cotisations salariales doivent être acquittées. Les cotisations salariales, la CSG, la CRDS ainsi que le prélèvement à la source ne peuvent pas être reportés.

Les travailleurs indépendants, auto-entrepreneurs, praticiens auxiliaires médicaux et artistes-auteurs peuvent notamment bénéficier :

  • de reports d’échéances de cotisations ;
  • d’un délai de paiement pouvant aller jusqu’à 12 mois ;
  • d’une modulation à la baisse des cotisations provisionnelles lorsque leur activité est touchée.

Jusqu’à 6 000 € d’aide pour certains travailleurs indépendants

Les travailleurs indépendants dont les locaux ont été fortement dégradés peuvent également bénéficier d’un soutien spécifique. Le CPSTI a annoncé la mise en place d’une aide d’urgence pouvant atteindre 6 000 €, sous réserve de justifier de l’importance des préjudices subis.

Pour instruire la demande, plusieurs justificatifs peuvent être sollicités, notamment un dépôt de plainte, une déclaration à l’assureur, des photographies des dommages ou encore un relevé d’identité bancaire.

Au-delà de l’urgence, le défi de la reprise

Pour les commerces et entreprises touchés par les dégradations des 17 et 18 octobre 2026, les prochains jours ne se résumeront pas aux seules démarches administratives. Derrière les dispositifs annoncés se pose aussi la question du redémarrage de l’activité, de la réouverture des établissements et de la capacité à retrouver un fonctionnement normal après plusieurs jours de perturbations.

Les mesures présentées constituent un premier filet de sécurité destiné à limiter les conséquences immédiates des dégradations sur l’emploi et la trésorerie. Leur efficacité dépendra toutefois de leur appropriation par les entreprises concernées, mais aussi de l’évolution de la situation économique dans les territoires les plus touchés.

À ce stade, ces mesures constituent les principales mesures sociales annoncées au niveau national. Toutefois, l’évolution de la situation sur le terrain pourrait conduire les pouvoirs publics à adapter ou compléter les dispositifs existants. Des mesures spécifiques pourraient également être mises en place localement lorsque l’ampleur des dégradations ou leurs conséquences économiques le justifient.

À propos de L'auteur

Manon Very

Juriste Conseil Social

Au sein de la Direction Marché Conseil Social et Paie, Manon accompagne le réseau In Extenso sur les enjeux de conseil social en tant que juriste. Elle assure notamment la veille sociale quotidienne et, avec son équipe, conçoit des outils et des offres stratégiques.

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Alexandra Clerc

Manager Conseil Social

Au sein de la Direction Marché Conseil Social et Paie chez In Extenso, Alexandra a notamment pour mission d’assurer une veille technique et réglementaire principalement dans le domaine du conseil social.

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