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Combien vaut un cabinet dentaire ?

Date de publication : 21.05.13

Christophe Della Guardia

Thèse en poche, la question de l’installation se pose : remplacement, collaboration, salariat, rachat ou création, nombreuses sont les possibilités et les opportunités pour un jeune praticien. A condition de bien savoir évaluer chaque proposition et de déterminer avec précision la valeur réelle d’un cabinet dentaire.

Premier remplacement, puis collaboration et enfin rachat d’un cabinet, voici le cheminement classique d’une grande majorité des praticiens installés aujourd’hui et ce schéma est bien parti pour perdurer.

En effet, dans une période ou la démographie professionnelle est très favorable pour ceux qui arrivent avec les nombreux départs à la retraite des papy-boomers, où l’exercice en groupe est plébiscité que ce soit pour des raisons d’organisation pratique, de mise en commun de compétences au service des patients ainsi que de partage des frais de fonctionnement en hausse ces dernières années, tous ces éléments mis ensemble ne plaident vraiment pas pour les créations de cabinets en partant de zéro.

Sans parler des nouvelles normes obligatoires d’accès pour accueillir des personnes handicapées dans les structures neuves. Cependant, si le rachat de cabinet a la cote aujourd’hui, c’est particulièrement parce que les prix d’achat de cabinet dentaire sont en baisse, ce qui est très intéressant pour les nouveaux entrants. A condition d’évaluer les cabinets dentaires en vente à leur juste valeur.

Petit tour d’horizon du propriétaire pour éviter de se faire plumer.

Quels sont les critères d’évaluation à prendre en compte pour estimer un cabinet dentaire ?

L’évaluation sera fondée sur 2 types d’éléments : les éléments « corporels » et les éléments « incorporels ».

Evaluation des éléments corporels

Le matériel professionnel : il est en principe évalué de gré à gré, en tenant compte de sa date d’acquisition, de la valeur marchande ou de la valeur de remplacement du matériel. Il est également possible de se rapprocher des fournisseurs pour connaître le prix d’occasion. Dans tous les cas, il est souhaitable d’en parler à un expert-comptable. La liste du matériel ainsi cédé, avec sa valorisation, doit être annexée à l’acte de cession.

Evaluation des éléments incorporels

Le droit au bail : la clientèle est très attachée à un lieu géographique. Il est donc essentiel de pouvoir s’installer dans le même local lorsque que l’on reprend la clientèle d’un confrère.

Si le praticien vendeur est propriétaire des locaux,  il pourra les vendre à son successeur ou lui consentir un bail professionnel. Dans ce cas, le repreneur doit être attentif à tous les éléments du bail et prendre conseil auprès d’un professionnel :

  • le bail doit être cessible,
  • le bail est d’une durée de 6 ans, il convient de vérifier l’échéance,
  • le nouveau praticien doit vérifier s’il a la possibilité de s’associer.

Si le cédant est locataire, il faut s’assurer que son bail est cessible et à défaut obtenir l’accord formel et écrit du propriétaire du local. Si le bail vient à expiration au moment de la cession ou peu de temps après, il faut se mettre immédiatement en relation avec le propriétaire pour connaître ses intentions quant aux conditions de renouvellement du bail.

La clientèle constitue l’élément incorporel principal du cabinet. Il n’existe aucune règle d’évaluation  impérative en la matière. Avec les changements liés à la démographie, les évaluations qui avaient pu jusqu’alors s’appliquer ne sont plus valables. Pendant longtemps, le montant de la cession du droit de présentation de clientèle était estimé à  50% du chiffre d’affaires moyen des 3 dernières années. Désormais l’évaluation est plus de l’ordre de 20 à 30% du chiffre d’affaires, voire inférieur. Il faudra également tenir compte de nombreux éléments tels que:

  • les possibilités d’accroissement du cabinet,
  • la situation rurale ou urbaine,
  • la démographie locale,
  • la personnalité du praticien cédant,
  • le nombre de jours travaillés par an par le praticien, le nombre de patients vus par an, le nombre de fiches patients actives dans l’informatique du cabinet,
  • la répartition des actes (soins, prothèses, implantologie, chirurgie, actes NR),
  • l’engagement de ne pas se réinstaller pour le cédant.

Ces différents éléments pourront moduler une première évaluation. Dans tous les cas, gardez à l’esprit que la tendance est à la baisse, surtout ne vous précipitez pas pour signer. Demandez conseil auparavant pour évaluer le cabinet dentaire en fonction de son potentiel propre et du « marché local » en n’oubliant jamais que cette décision, qui vous engage pour une grande partie de votre avenir professionnel demande une vraie phase de réflexion plutôt qu’un coup de cœur.

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A propos de L’auteur

Christophe Della Guardia

Directeur professions libérales

Chez In Extenso depuis plus de 10 ans, Christophe est spécialisé dans l’accompagnement des professions libérales dans la région Dauphiné Savoie.

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