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Cercle Perspectives : une France à mi-temps (avril 2020)

Date de publication : 31.07.20

Coronavirus - covid-19Gestion de sociétéArtisan - commerçant - TPEPME



Alexia DRIOU

Face à la situation inédite engendrée par l’épidémie du Covid-19 et les mesures prises par le gouvernement pour y faire face, le Cercle Perspectives, regroupant 17 des 60 premiers cabinets d’expertise-comptable et près de 15 000 professionnels, lance le premier baromètre mensuel social des TPEPME. Conçu comme un outil de pilotage autour de 3 données clé (activité partielle, arrêt maladie, congés payés), ce baromètre a pour objectif de suivre sur les 6 prochains mois la manière dont les entreprises mettent en œuvre ces mesures de préservation de l’emploi pour accompagner la relance et cela secteur par secteur, région par région.

Points à retenir
• Ile-de-France, Grand-Est et Hauts-de-France : d’une zone rouge sanitaire à une urgence sociale
• Une crise sociale touchant essentiellement les secteurs d’activité les plus contraints par les mesures sanitaires : hébergement, restauration, activités récréatives et sportives…
• Les cadres moins touchés par l’activité partielle
• Un taux d’activité partielle très significatif dans les TPE, qui représente le double de celui utilisé par les PME

« Notre objectif est de suivre l’impact social de cette crise inédite auprès des TPE/PME sur l’ensemble de nos territoires. Nous avons souhaité à travers ce baromètre social disposer d’un capteur de l’économie réelle, incarnée par les 3 millions de TPE-PME générant près de 1/3 du chiffre d’affaires des entreprises françaises. Bien souvent sous les radars médiatiques, il nous est apparu essentiel d’analyser au fil des prochains mois comment ces TPE-PME – qui font battre le pouls de notre économie -, déploient les mesures sociales prises par le gouvernement, secteur par secteur, région par région. Cette première édition du baromètre social du Cercle Perspectives témoigne d’une mise à l’arrêt de l’activité de la moitié des salariés employés dans les TPE/PME », déclare Laurent Chapart, président du Cercle Perspectives.

Méthodologie

Le baromètre a été réalisé sur la base des données collectées par les 17 cabinets d’expertise comptable, lesquelles sont constituées de bulletins de paie du mois d’avril 2020 issues de 60 000 entreprises employant près de 400 000 salariés, tous secteurs et régions confondus. La consolidation des données a été réalisée par le cabinet d’études INIT.

Comme l’illustre le graphique ci-dessous, les 60 000 entreprises analysées représentent à part égale les TPE (1 à 10 salariés) et les PME (10 à 249 salariés) :

Ces TPE-PME couvrent la grande majorité des secteurs d’activité en France, parmi lesquels :

Le baromètre suivra dans le temps 3 indicateurs clé qui illustrent l’inactivité des TPE-PME :

  • Le taux d’activité partielle réelle dans les entreprises
  • Le taux d’arrêt maladie
  • Le taux des congés payés

Pour le mois d’avril, 50% des salariés ont été en inactivité, comme en témoigne le graphique ci-dessous :

Ile-de-France et Grand-Est : d’une zone rouge sanitaire à une urgence de relance sociale

Les résultats de l’étude ne mettent pas en lumière de fortes disparités régionales concernant l’impact du Covid-19 sur l’activité des TPE et PME françaises. Il apparaît toutefois, que les régions les plus touchées par l’activité partielle correspondent aux trois régions les plus touchées par le Covid-19, à savoir les trois régions : Ile-de-France, Grand Est, Hauts-de-France (avec des taux supérieurs à une moyenne nationale de 36%).

Ile-de-France et Grand-Est : d’une zone rouge sanitaire à une urgence de relance sociale

Si les régions présentent des résultats relativement proches, l’analyse du taux d’activité partielle par département est plus significative : les cinq départements les plus touchés par l’activité partielle se situent tous dans les régions Ile-de-France, Grand Est et Hauts-de-France.

Répartition des départements impactés par le covi-19

La Meurthe-et-Moselle et le Val-d’Oise sont les départements les plus touchés par la crise sociale avec respectivement 52% et 50% de taux d’activité partielle au sein de l’échantillon d’entreprises locales analysées. Pour comparaison, les départements les moins touchés figurent aujourd’hui tous en dehors la zone rouge du gouvernement, à l’exception des Hauts-de-Seine, département bénéficiant d’un des tissus économiques les plus dynamiques de France.

Une crise sociale touchant essentiellement les secteurs d’activité les plus affectés par les mesures sanitaires

Sans surprise, les résultats mettent en lumière les secteurs les plus affectés par les mesures sanitaires alors que les secteurs d’intérêt public vitaux ont pleinement mobilisé leurs collaborateurs pour gérer l’urgence de la crise sanitaire.

Si nous regroupons les secteurs par grande famille d’activité, nous constatons que le secteur de la construction, ne figurant pas dans les graphiques ci-dessus, a été fortement impacté par la crise sanitaire. En effet, 53% des salariés du BTP, représentant à eux seuls 14% de l’échantillon du baromètre, ont été inactifs durant le mois d’avril au sein de l’entreprise. Même constat dans le domaine du commerce qui constitue 23% de l’échantillon, pour lequel 49% des salariés ont été en période d’inactivité sur la période analysée.

Les cadres moins touchés par l’activité partielle

Les entreprises ont moins recours au chômage partiel pour les cadres que pour les non-cadres. Comme en témoigne le graphique ci-contre, plus de la moitié des salariés non-cadres sont, au mois d’avril, en activité partielle contrairement aux cadres qui, pour ¾ d’entre eux, ont poursuivi leur activité en période de confinement. Durant cette période, les entreprises ont demandé, en moyenne, de prendre 1 journée de congé payé à leurs salariés.

A noter : le taux d’arrêt maladie est sensiblement identique entre les salariés cadres et non-cadres.

Les cadres moins touchés par l’activité partielle

Les résultats du baromètre d’avril tendent à souligner que les plus petites structures ont eu recours de manière nettement plus significative à l’activité partielle.

Les TPE (de 1 à 10 salariés) ont davantage eu recours à l’activité partielle avec un taux de 44% alors que les PME (plus de 10 salariés) voient ce taux se situer à 23%. Plus de la moitié des salariés issus de TPE ont été déclarés en activité partielle ou en arrêt maladie contrairement aux PME. Par ailleurs, le taux d’arrêt maladie observé au sein des entreprises de 1 à 5 salariés est plus faible que celles de plus grosse taille.

Un doublement du taux d’activité partielle entre TPE et PME
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